Le sémaglutide, le Tirze et le Reta sont souvent cités d’un même souffle. Ils appartiennent d’ailleurs à la même famille: des peptides synthétiques qui imitent des hormones intestinales. La grande différence tient au nombre de récepteurs qu’ils activent: un, deux ou trois. Dans cet article, nous comparons leur mécanisme d’action et les données de la recherche.
En bref
| Sémaglutide | Tirze | Reta | |
|---|---|---|---|
| Récepteurs | GLP-1 | GLP-1 + GIP | GLP-1 + GIP + glucagon |
| Type | Agoniste simple | Double agoniste | Triple agoniste |
| Base de la molécule | GLP-1 humain | GIP humain | Chaîne de type GIP |
| Demi-vie | ± 7 jours | ± 5 jours | ± 6 jours |
| Statut dans l’UE | Médicament autorisé | Médicament autorisé | En essais de phase 3 |
Tous trois portent une chaîne d’acide gras qui se lie à l’albumine du sang. Ils sont donc dégradés lentement, ce qui a permis de les administrer une fois par semaine dans les études.
Les trois hormones à l’origine de l’effet
Pour comprendre la différence, il faut savoir ce que font ces trois hormones produites par l’organisme:
- Le GLP-1 (glucagon-like peptide-1) est libéré par l’intestin après un repas. Il renforce la sécrétion d’insuline lorsque la glycémie augmente, freine le glucagon, ralentit la vidange gastrique et envoie un signal de satiété via le cerveau.
- Le GIP (glucose-dependent insulinotropic polypeptide) est la seconde hormone incrétine. Il renforce lui aussi la sécrétion d’insuline et agit sur le tissu adipeux, où il influence le stockage et le métabolisme des graisses.
- Le glucagon est le pendant de l’insuline. Il pousse le foie à libérer du glucose et de l’énergie, et la recherche l’associe à une dépense énergétique plus élevée et à la dégradation de la graisse hépatique.
Plus une molécule sollicite de ces voies, plus elle agit largement sur l’équilibre énergétique. C’est, en une phrase, l’évolution qui mène du sémaglutide au Reta en passant par le Tirze.
Sémaglutide: uniquement le GLP-1
Le sémaglutide est une version modifiée du GLP-1 humain, auquel il est identique à 94%. Deux modifications font la différence: un autre acide aminé en position 8, pour que l’enzyme DPP-4 ne le dégrade plus, et une chaîne d’acide gras en C18 pour la liaison à l’albumine. Le GLP-1 naturel est dégradé en quelques minutes; le sémaglutide a une demi-vie d’environ une semaine.
Dans l’étude STEP 1, 1 961 adultes en situation d’obésité ou de surpoids ont reçu pendant 68 semaines du sémaglutide (2,4 mg par semaine) ou un placebo. Le poids corporel a diminué en moyenne de 14,9%, contre 2,4% sous placebo. PepPure ne vend pas de sémaglutide; nous le citons ici à titre de référence.
Tirze: GLP-1 et GIP
Le Tirze repose sur la séquence d’acides aminés du GIP, modifiée pour activer également le récepteur du GLP-1. Sur le récepteur du GIP, il agit à peu près aussi fortement que le GIP naturel; sur le récepteur du GLP-1, il est plus faible que le GLP-1 naturel. Les chercheurs le qualifient donc de double agoniste déséquilibré, à dominante GIP.
Dans SURMOUNT-1, le poids corporel a diminué en moyenne de 20,9% après 72 semaines dans le groupe à la dose la plus élevée, contre 3,1% sous placebo. SURMOUNT-5 a comparé pour la première fois directement le Tirze et le sémaglutide chez des personnes obèses sans diabète: après 72 semaines, la perte de poids était de 20,2% sous Tirze contre 13,7% sous sémaglutide.
Reta: GLP-1, GIP et glucagon
Le Reta va encore plus loin et active aussi le récepteur du glucagon. Sur le récepteur du GIP, il est plus puissant que le GIP naturel; sur les récepteurs du GLP-1 et du glucagon, il est plus faible que les hormones naturelles. Ce rapport a été choisi délibérément: suffisamment d’action glucagon pour une dépense énergétique supplémentaire, sans dérèglement de la glycémie, puisque le GLP-1 et le GIP maintiennent l’équilibre.
Dans l’étude de phase 2 sur l’obésité (338 participants, 48 semaines), le poids corporel du groupe à la dose la plus élevée a baissé en moyenne de 24,2%, contre 2,1% sous placebo. Une sous-étude a montré une forte diminution de la graisse hépatique. Le programme de phase 3 TRIUMPH est en cours depuis 2023; le Reta n’est pas enregistré comme médicament en Europe.
Les études côte à côte
| Étude | Molécule | Durée | Variation du poids | Placebo |
|---|---|---|---|---|
| STEP 1 (2021) | Sémaglutide | 68 semaines | −14,9% | −2,4% |
| SURMOUNT-1 (2022) | Tirze | 72 semaines | −20,9% | −3,1% |
| Phase 2 (2023) | Reta | 48 semaines | −24,2% | −2,1% |
Une réserve s’impose: il s’agit d’études différentes, avec des participants et des durées différents. Les pourcentages ne sont donc pas directement comparables. Seule SURMOUNT-5 a opposé directement deux molécules. De plus, les chiffres du Reta proviennent d’une étude de phase 2, plus petite que les études de phase 3 consacrées aux deux autres.
Les effets indésirables dans les études
Les trois molécules présentent un profil comparable. Les effets les plus fréquemment rapportés étaient des troubles gastro-intestinaux: nausées, diarrhée, constipation et vomissements, surtout pendant les semaines d’augmentation progressive de la dose. Avec le Reta, une augmentation dose-dépendante de la fréquence cardiaque a en outre été observée.
Lequel choisir pour la recherche?
Tout dépend de votre question. Si vous souhaitez étudier l’effet du GIP en plus du GLP-1, le Tirze est la référence logique: c’est la molécule à double récepteur la mieux documentée. Si vous voulez étudier le rôle de l’activation du glucagon, par exemple sur la dépense énergétique ou la graisse hépatique, le Reta est le seul des trois à solliciter cette voie.
Dans les deux cas, la fiabilité de vos résultats dépend de la pureté de votre matériel. Lisez donc aussi Que signifie vraiment une pureté de 99% pour un peptide? et consultez le certificat d'analyse de chaque lot.
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